
FEMUA : le festival qui a transformé Anoumabo en capitale des musiques urbaines
Depuis 2008, le Festival des Musiques Urbaines d’Anoumabo (FEMUA) s’est imposé comme l’un des grands rendez-vous culturels de Côte d’Ivoire et du continent africain. Initié par A’Salfo, leader du groupe Magic System et enfant d’Anoumabo, le festival est né de la volonté d’offrir à ce quartier populaire d’Abidjan un événement capable de réunir les grandes voix de la musique africaine et internationale.
D’Anoumabo à l’Afrique
Au fil des éditions, le FEMUA a largement dépassé les frontières d’Anoumabo. Ce qui était au départ un festival local est devenu une plateforme internationale réunissant artistes, professionnels de la culture, partenaires institutionnels et public.
Sa programmation a accueilli au fil des années des figures majeures de la musique africaine, parmi lesquelles DJ Arafat, Fally Ipupa, Tiken Jah Fakoly, Meiway, Petit Denis, Yodé & Siro, Ismaël Isaac et de nombreux autres artistes.
Le FEMUA est ainsi devenu un espace où se rencontrent différentes générations, différents styles et différentes cultures.
La musique, mais aussi l’engagement social
L’une des particularités du FEMUA réside dans son ambition de dépasser le simple cadre du spectacle.
Le festival développe également des activités sociales, éducatives et citoyennes. Le FEMUA Kids, par exemple, s’adresse aux enfants et constitue aujourd’hui l’un des rendez-vous importants du festival. En 2026, environ 5 000 enfants ont été accueillis pendant quatre jours à l’INJS de Marcory.
Cette dimension sociale s’inscrit dans l’action plus large de la Fondation Magic System et dans la volonté du festival d’utiliser la culture comme outil de développement.
Le FEMUA et le Coupé-Décalé
Pour l’histoire du Coupé-Décalé, le FEMUA représente également une plateforme majeure.
Dès ses premières éditions, le festival a accueilli des artistes issus du mouvement, notamment Erickson Le Zoulou, feu DJ Arafat, DJ Volcano et plusieurs autres figures de la scène ivoirienne.
Le festival contribue ainsi à inscrire les musiques urbaines ivoiriennes dans un espace culturel beaucoup plus large, aux côtés du Zouglou, du reggae, de l’afrobeat, du rap et des musiques traditionnelles africaines.
FEMUA 18 : l’intelligence artificielle au cœur des débats
La 18ᵉ édition, organisée du 28 avril au 3 mai 2026, a placé l’intelligence artificielle au centre de sa réflexion avec le thème : « Intelligence artificielle : menace ou opportunité pour l’Afrique ? ». Le festival s’est tenu principalement à l’INJS de Marcory et s’est également déployé à Dimbokro.
Cette édition a notamment introduit le FEMUA Comedy Show, tout en renforçant le volet scientifique consacré aux nouvelles technologies.
Le choix de l’intelligence artificielle montre l’évolution du FEMUA : le festival ne se contente plus de célébrer la musique, il cherche également à réfléchir aux grands enjeux qui concernent l’avenir de la jeunesse et des industries créatives africaines.
Un patrimoine culturel en construction
Au fil de ses éditions, le FEMUA est devenu une véritable mémoire de la musique africaine contemporaine. Chaque concert, chaque artiste invité et chaque initiative sociale ajoute une nouvelle page à cette histoire.
Le festival a également marqué les mémoires avec la disparition de Papa Wemba, décédé sur scène lors du FEMUA 9 en 2016. Dix ans plus tard, le FEMUA 18 lui a rendu hommage à Anoumabo.
Le FEMUA, bien plus qu’un festival
Pour lecoupedecale.com, le FEMUA mérite une place particulière dans la grande bibliothèque de la musique ivoirienne.
Il représente à la fois une scène, un marché, un espace de transmission, un outil de développement social et une vitrine internationale pour les artistes africains.
De la petite scène d’Anoumabo aux grandes scènes internationales, le FEMUA raconte finalement une histoire de transformation : celle d’un quartier, d’un groupe d’artistes et d’une vision qui ont réussi à faire de la culture un véritable instrument de rayonnement pour la Côte d’Ivoire et l’Afrique.
FEMUA : Anoumabo donne le rythme, l’Afrique répond.
